Du 14 au 17 septembre 2026, nous nous sommes retrouvés à une vingtaine d’animateurs et animatrices pour une nouvelle rencontre de TantrÂnima.
Quatre jours pour nous retrouver entre pairs.
Quatre jours pour pratiquer, réfléchir, partager, nous questionner, parfois nous confronter à nos différences… mais aussi rire, nous toucher, créer du lien et continuer à apprendre les uns des autres.
Parce qu’accompagner des personnes sur le chemin du Tantra est une aventure profondément humaine, passionnante, mais aussi exigeante.
Et parce que lorsqu’on accompagne les autres, il nous semble essentiel de continuer, nous aussi, à nous laisser questionner, évoluer et transformer.
C’est peut-être là que se trouve l’une des intentions les plus profondes de TantrÂnima : ne pas avancer seuls.
TantrÂnima, c’est quoi ?
TantrÂnima est un collectif ouvert d’animateurs et animatrices de Tantra issus d’horizons différents, qui choisissent de mieux se connaître, de s’entraider et de questionner ensemble leurs pratiques et leurs postures.
Sa raison d’être a été formulée ainsi :
« Créer un espace vivant de rencontres, de réflexions et d’amélioration continue entre animateurs, pour soutenir une approche éthique du Tantra. »
Cette notion d’espace vivant nous semble importante.
Car il ne s’agit pas seulement de rédiger une charte, d’établir des règles ou de réfléchir intellectuellement à ce que devrait être une posture éthique.
Il s’agit aussi de nous rencontrer réellement.
Pratiquer ensemble.
Découvrir les univers des uns et des autres.
Partager nos expériences.
Parler de nos réussites, mais aussi de nos difficultés.
Pouvoir demander de l’aide.
Entendre un autre regard que le nôtre.
Et parfois accepter que notre propre manière de faire puisse évoluer.
Le collectif cherche ainsi à développer une culture commune fondée notamment sur la coopération et la responsabilité éthique, tout en laissant exister la diversité des approches du Tantra.
Derrière l’animateur, il y a aussi un être humain
Accompagner des groupes autour du Tantra nous place dans une position particulière.
Nous travaillons avec l’intimité, le corps, les émotions, la vulnérabilité, le désir, les limites, le consentement, la relation à l’autre…
Et cette place d’animateur peut aussi nous confronter à des questions de pouvoir, de séduction, de projection, de transfert ou de contre-transfert.
Ce sont précisément certains des thèmes qui ont été mis au travail pendant cette rencontre, aux côtés de réflexions sur l’intervision, la commission éthique, la charte et nos manières de continuer à progresser collectivement.
L’un des constats qui fonde TantrÂnima est que l’animation tantrique peut parfois être une pratique solitaire et exposée.
Or personne n’est à l’abri d’un angle mort.
Personne n’a terminé d’apprendre.
Et c’est justement parce que nous sommes humains qu’il nous paraît précieux de créer des espaces suffisamment sécurisés pour pouvoir parler aussi de notre vulnérabilité professionnelle, questionner nos cadres et continuer à faire évoluer nos postures.
Nos différences comme source d’enrichissement
Nous n’avons pas tous appris le Tantra au même endroit.
Nous n’avons pas les mêmes enseignants, les mêmes lignées, les mêmes influences, les mêmes sensibilités ni nécessairement les mêmes façons de transmettre.
Certains viennent davantage du corps, d’autres de la méditation, du souffle, du toucher, du mouvement, de l’énergétique, de la relation, de la spiritualité…
Et heureusement.
Car TantrÂnima n’a pas pour vocation d’uniformiser les pratiques.
Au contraire, la rencontre de nos différences peut devenir un formidable espace d’apprentissage.
Voir comment l’autre anime.
Découvrir une pratique que l’on ne connaît pas.
Entendre pourquoi il ou elle pose son cadre différemment.
Partager ce qui fonctionne dans nos groupes.
Pouvoir aussi nommer nos doutes.
C’est dans cet esprit que nos rencontres accordent une vraie place à la pratique, en parallèle des temps de réflexion et de travail. Le programme de ces quatre jours alternait ainsi méditations matinales, pratiques proposées par différents membres, travail en commissions et en petits groupes, repas et temps de vie partagés.
Et parfois, une pratique très simple suffit à ouvrir beaucoup de choses.
Lors de cette rencontre, l’une d’elles nous a notamment invités à nous rencontrer autour de deux questions :
« De quoi ai-je besoin pour me sentir plus en confiance avec toi ? »
et
« De quoi ai-je besoin pour me sentir plus en lien avec toi ? »
Deux questions simples en apparence, mais qui disent beaucoup de ce que nous cherchons aussi à cultiver dans TantrÂnima : la confiance, le lien et la possibilité d’une parole vraie.
Une éthique qui reste vivante
L’un des sujets importants de cette rencontre concernait naturellement la charte éthique de TantrÂnima.
Mais une charte n’a de sens que si elle reste vivante.
La signer une fois ne signifie pas que le travail est terminé.
Au contraire : comment vérifier, au fil du temps, que nous sommes toujours en accord avec ce à quoi nous nous sommes engagés ? Comment faire évoluer certains points si notre expérience nous montre qu’ils méritent d’être précisés ? Comment continuer à nous responsabiliser individuellement et collectivement ?
Une proposition a ainsi émergé autour d’un rituel de ré-engagement à la charte, tandis qu’un autre groupe a repris sa lecture pour questionner certains éléments et vérifier qu’ils correspondent toujours à la réalité des pratiques et aux engagements souhaités par le collectif.
Cette démarche nous semble importante : l’éthique n’est pas un texte figé que l’on affiche sur un site Internet.
Elle demande de l’attention, du dialogue, de l’humilité et la capacité de continuer à se remettre en question.
L’intervision : accepter de ne pas avoir toutes les réponses
Une autre dimension importante de TantrÂnima est l’intervision.
L’idée est de pouvoir déposer entre pairs une situation professionnelle qui nous interroge ou nous met en difficulté et de bénéficier du regard du groupe dans un cadre sécurisé et confidentiel.
Là encore, il ne s’agit pas que quelqu’un apporte « la bonne réponse ».
Il s’agit plutôt de déplacer notre regard.
D’entendre comment d’autres professionnels perçoivent une situation.
De découvrir éventuellement ce que nous n’avions pas vu.
Et parfois simplement de ne plus porter seul une situation complexe.
Lors de cette rencontre, nous avons d’ailleurs continué à questionner notre propre manière de pratiquer l’intervision et le cadre qui l’entoure.
Cette capacité à questionner nos propres outils fait aussi partie du processus : rien n’est considéré comme définitivement acquis simplement parce que nous avons toujours fait ainsi.
Une commission éthique… mais pas un tribunal
TantrÂnima s’est également doté d’une commission éthique, appelée « Comète ».
Son existence participe à cette volonté de ne pas laisser les questions éthiques uniquement à l’appréciation individuelle de chaque animateur.
Mais il est tout aussi important de dire ce que TantrÂnima n’est pas.
TantrÂnima n’est pas une autorité chargée de contrôler ou de juger les animateurs extérieurs au collectif.
TantrÂnima n’est pas une instance qui prétendrait déterminer ce qu’est le « bon » ou le « mauvais » Tantra.
Et TantrÂnima n’est pas non plus un label commercial qui garantirait ou validerait l’ensemble des pratiques individuelles de ses membres.
La démarche est d’abord une démarche d’engagement.
Un choix fait par des animateurs volontaires de se donner des espaces, des outils et des interlocuteurs pour continuer à regarder leur propre pratique avec vigilance.
Une phrase issue du travail du collectif résume particulièrement bien cette posture :
« Nous ne nous mettons pas au-dessus, mais ensemble. »
Et cette nuance est fondamentale.

Apprendre aussi à fonctionner ensemble
L’éthique ne concerne d’ailleurs pas uniquement ce qui se passe entre un animateur et ses participants.
Elle se joue aussi dans notre manière de fonctionner entre nous.
Comment prenons-nous nos décisions ?
Comment exprimons-nous un désaccord ?
Comment nous engageons-nous dans un projet collectif ?
Comment nous désengageons-nous lorsque nous n’avons plus l’énergie ou la disponibilité ?
Comment prenons-nous soin du lien lorsque des tensions apparaissent ?
Cette rencontre a également permis de mettre au travail ces questions très concrètes de vie collective.
Les groupes ont réfléchi au fonctionnement des intervisions, aux conditions de participation aux rencontres, à l’organisation des espaces de communication, au fonctionnement des commissions ou encore aux modalités d’engagement dans le collectif.
Car nous pouvons parler d’éthique pendant des heures : elle devient véritablement intéressante lorsqu’elle commence à s’incarner dans notre manière d’être en relation.
Pratiquer ensemble pour mieux nous connaître
TantrÂnima n’est pas uniquement un espace de réflexion professionnelle.
C’est aussi un espace où nous choisissons de vivre des pratiques ensemble.
Et cela change profondément la nature du lien.
Car découvrir un animateur à travers ce qu’il transmet permet d’accéder à une autre dimension de sa sensibilité et de son univers.
Pendant cette rencontre, différents membres ont ainsi partagé des pratiques issues de leurs propres recherches : méditation, mouvement, respiration, toucher, exploration de l’extase, massage…
Le compte rendu fait par exemple apparaître des explorations autour du son, du souffle, du mouvement, du silence, de l’immobilité, de la suspension ou encore de la joie.
Ces moments nous permettent de sortir de la seule parole.
Nous expérimentons.
Nous devenons tour à tour animateurs et participants.
Et nous pouvons ainsi découvrir concrètement ce que chacun apporte au Tantra.
C’est aussi une manière de s’enrichir ensemble.
Faire notre part
TantrÂnima est encore un collectif en mouvement.
Il se construit, expérimente, ajuste son fonctionnement, rencontre parfois ses propres difficultés et continue à chercher.
Et c’est probablement sain qu’il en soit ainsi.
Notre ambition n’est pas d’avoir réponse à tout.
Elle est plutôt de faire notre part.
Créer davantage de dialogue entre animateurs.
Sortir de l’isolement.
Partager nos expériences et nos bonnes pratiques.
Créer des espaces où les difficultés peuvent aussi être nommées.
Questionner nos cadres.
Faire évoluer nos postures.
Et continuer à placer la responsabilité éthique au cœur de nos métiers.
Parce que transmettre le Tantra ne consiste pas seulement à maîtriser des pratiques.
Cela nous demande aussi de continuer à travailler la manière dont nous accompagnons, dont nous posons nos cadres, dont nous exerçons notre responsabilité… et dont nous restons nous-mêmes en chemin.
S’enrichir ensemble
Au fond, ces quatre jours nous rappellent quelque chose de simple :
nous avons besoin les uns des autres.
Pas pour penser tous de la même façon.
Pas pour pratiquer tous le même Tantra.
Pas pour nous valider mutuellement.
Mais pour avoir des espaces où nos différences peuvent se rencontrer, où nos certitudes peuvent être questionnées, où nos expériences peuvent circuler et où nous pouvons continuer à grandir ensemble.
Se rencontrer.
Pratiquer ensemble.
Partager nos expériences.
Questionner nos certitudes.
Reconnaître nos angles morts.
S’inspirer de nos différences.
Et continuer à faire évoluer nos pratiques et nos postures.
C’est cette dynamique que nous avons envie de continuer à faire vivre au sein de TantrÂnima.
Nous ne nous mettons pas au-dessus.
Nous nous mettons ensemble. 🌿❤️